Wadi El Gemal National Reserve Egypt

 

Dans tes mains ne retiens rien, 
Dans ton âme nul souvenir, 

Un navire retourné par la houle et submergé par le doute
confond rarement ses sentiments d’inquiétude avec les vagues qui le balance.

Ton départ est celui d’Ulysse, 
L’ accomplissement d’une vie.
Tends ton arc vers le destin, les senteurs du pays,
et crée pour l’éternité ton propre mythe.

Alors chante, 
chante ta liberté !

Et si au hasard du temps,
quelques violons, 
durant les passages d’hiver, 
nomment ta solitude et ton effroi,
n’oublie jamais de garder l’horizon pour ce qu’il est, 
inviolable, merveilleux, infranchissable.

Tel est la loi des hommes, qui aux confins de leur mémoire
inscrivent les grands voyages.

 

 

© Jean-Louis Van Durme

Sur ces dunes qui rivalisent avec les océans,

et se figent au regard d’un nomade assoiffé;

 

Tu portes en toi le regard 

des eaux volant au secours 

des dérives de l’errance.

 

 

 

 

D’une âme ombragée par les temps 

et cherchant à s’unir au vent de l’exil;

 

Tu émerges des profondeurs de la terre

dans une obscurité qui voit remonter

la couleur cristalline de tes yeux enjoués.

 

 

 

 

Portant sur tes frêles épaules anguleuses

la mémoire cendrée des sables du passé;

 

Tu danses les quelques pas silencieux

qu’un nomade ravit aux souffles des espoirs.

 

 

 

 

Le chemin s’achève dans la nuit,

et avec lui tu abandonnes toute résistance 

et t’entoures de mille courants ascendants

qui ont pour vocation de garder intacte

 la solitude des sables s’abandonnant au vent.

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

 

 

Il s’agit toujours de créer un passage
où nous prenons corps. 


Tels les mots qui restituent
ce que de l’indicible
nous ne percevons pas.

 

Tout fait silence,
flotte, se bouscule
et retombe inexorablement. 

 

Je sens
qu’au-delà de tout silence
il est une voix qui ne cesse 
de recouvrir mes mots.

 

Chaque jour vidé de ma présence 
rempli l’espace qui me sépare de l’inévitable. 

 

L’air est lourd,
les mouvements peinent à 
saisir le sens même de leur lassitude.

 

Il est l’heure de laisser place.

 

Arrivera l’heure où
tu couvriras toi-même tes mots
car tu ne peux border le monde.

 

"Son regard s’est soustrait de lui-même
aux paysages luxuriants des incertitudes
afin de vivre pour prétendre
à cette frénésie de ce qu’il croit
aujourd’hui avoir compris 
et qu’il substituera demain
à ses mots afin de retrouver 
l’innocence."

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

Une vague témoigne,

 

que les sables chevauchés par les vents

ont laissé derrière eux

une pierre éblouie par l'écume,

envahie par la brume.

 

Une vague s'éloigne,

 

et laisse respirer les battements

de coeur d'une pierre qui fait

naître un désert.

 

 

Un désert ouvre toujours l'espace 

sur leur propre retrait.

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

Je vis désormais 

dans le monde de ceux 

qui sans le vouloir

se retrouvent à ramer

sur un fleuve sans âge.

 

J'ai oublié d'espérer 

éperdu de passion

à atteindre le rivage

dépeuplé de ton coeur.

 

Reste l'homme empêché 

resserré sur lui-même

faute d'Orient

faute d'un corps-à-corps.

 

Une main abandonnée sous les draps

compagne d'infortune

par un fou qui possédait tout !

 

Coeur obstiné,

réveille-toi !

 

Mon désir va là-bas

où se réunissent les ombres

qui marchent dans un désert

sans arbres,

ressemblant à s'y tromper 

à l'espoir de l'aveugle,

qui pour feindre l'amour

écrit des vers en cascades.

 

 

© Jean-Louis Van Durme

Il n'y a distance ni horizon,

c'est la prudence à l'état absolu.

 

Le jour n'est qu'un feu d'évasion poétique

ou se confondent poussière et diamant noir.

 

 

© Jean-Louis van Durme

 

Naufragé dans un désert en solitaire
je marche sur une terre sans nom.

 

Aux sacrifices d’un temps révolu,
un volcan se révèle en son centre.

 

Sous la chaleur de parois ancestrales
et se courbant sous des vents défaillants
des ombres parsèment son flan
de caresses hésitantes.

 

Un château de cartes s’effondre,
un autre peine à se relever et déclare !

 

L’équilibre tient de ce que nous sommes
prisonniers de la mémoire du monde.
loin des sables dansants du passé,
là où déjà se dissipait en sourdine l’écho
de ta défaite.

 

Le jour meurt avec le couchant,
Ses ombres glissent et se répandent.

 

Tout ce que tu retires au monde
telle une étoile vaincue,
se plie dans la lumière 
de ce qui n’est déjà plus.

 

Un château de cartes, une escapade et trois fois rien d’amour.

 

Tu renaîtras par l’absence,
et tes bras tendus et figés dans un buisson d’épines,
ne seront plus alors que des fantômes
errants sur les pentes du souvenir.

 

 

© Jean-Louis Van Durme

Entre les dunes et les plateaux de sable

gît un village que l’on ne nomme pas.

 

 

D’une lumière transparente

qu’il désapprend

s’absente 

et le laisse sans foi.

 

 

Démuni,

et épousant le vide,

il cède peu à peu à l’instant.

 

 

Résiste à l’espoir,

exerce son origine

et s’émerveille de son inexistence.

 

 

 

Le temps ne se soustrait que pour celui qui y croit.

 

 

 

 

 

 

© Jean-Louis van Durme

 

 

 

Sous un terrible vent du vide,
s’étendent 
de Damas à Ithaque,
marécages noyés
et déserts oubliés.

Ne reconnais-tu pas 
tous ceux qui s’en échappent
en une sombre poussière 
et recouvrent de rouille
l’étoffe inachevée !

Tu livreras bataille,
sentinelle des dieux,
disperseront au loin
les cris de leur révolte
à mon coeur fatigué.

Quant à ceux,
dont la mine
creuse et envieuse
te regarde en riant ! 

Congédie-les ! 

Car au vent des précipices,
Il est des bateaux sombres 
aux projets plus que funestes, 
qui de brumes en cadavres,
dispersent dans ton coeur
les vins âcres de la trahison !
 
Aussi, 
mon âme, 
armes-toi de patience,
et ne laisse personne
prendre part au festin ! 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

Ce soir l’hiver s’est roulé sur lui-même

et s'est couché sur les versants de l’âme

comme un sable mouillé.

 

Depuis la fenêtre de ma mémoire

je regarde l’orage

se dissiper

sans crainte aucune

de l’entendre gronder.

 

J’observe le coeur noyé

quelques visibles 

me rappelant

que cet instant 

fût

un insondable abri

à la ferveur de l’exilé.

 

Ne suis-je pas le gardien 

d’un instant 

dont les yeux,

seuls témoins que le temps

à retiré aux sourires éveillés

s’empare du sens intime de l’univers !

 

Vous voilà donc chez moi,

sur les flancs de cette colline sans nom,

telle une porteuse d’eau

versant sur les rivières

de la mémoire

l’illusion

qu’un coeur se souvient

toujours lorsqu’on l’a caressé.

 

                                                                                   

 

                                                                                                                 © Jean-Louis Van Durme

 

 

 

Un désert se déplace
et se dresse face au vent.


Debout sur un lit de sable
il déshabille mon corps
et d’un souffle assuré  
fait vaciller le ciel. 
  
Son corps fait de lait de brebis
danse sans ombrages
et ravis ma patience.


S’embrasant de douceur, 
et par ses mots cruels  
doutant du sens même
m’épargne et m’ensorcelle.  
  
Il est le fleuve 
s’éloignant des dunes,
soigneusement repenti
et qui ne lâche rien.
Le long de ses berges
il ramasse des éclats du néant,
sentence à la ligne pure.


Se retourne en riant !

En resserrant sa gorge
son sourire se déverse 
colline d’eau sur ses lèvres
il cherche à qui l’entend  
de comprendre l’infortune
qu’un désert se déplace toujours
grâce au vent.

Il est l’enfant qui n’a pas menti aux dieux !
Parce qu’il est celui
qui
a enlevé mon coeur
et ne l’a pas rendu !

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

Un geôlier à la lumière de son unique bougie
observe le désert de sa vie.

une vallée du Sinaï cède sous le poids d’une branche
 tel un saignement oblique et s’effondre.


Le geôlier se croyant à l’abri 
cadenasse sa cellule 
et s’enfouit dans ses souvenirs.

Un tambour lui rappelle qu’enfant
la beauté venait du ciel.

Son eau s’alliait de sel 
son soleil 
de sucre
et d’écume.

Une poudre d’or gravit son épaule
et fige le gardien du temps
dans une graine de grenadier.

C’est alors que son coeur ouvrant
la cage dans laquelle il est enfermé 
s’écrie !

 

Pourquoi ne me suis-je pas octroyé
d’allier le miel
à chacune de mes paroles !


Moi qui savait parler les langues inconnues,
J’aurais pu laisser ouvertes 
les portes de mon destin.

 

 

© Jean-Louis Van Durme

Le monde naît sans fin.


Et voici que dans l'air une présence tremble
dissimulant un esprit qui s'éveille 
Et qui connait tout de moi.

 

 

© Jean-Louis Van Durme

 

Le désert soudain fit resplendir

d'innombrables facettes de son oeil.

 

Nous n'étions plus au seuil d'un champ de ruines

mais à l'orée préservée d'un jardin.

 

 

 

© Jean-Louis van Durme

Dans la lumière incandescente de ce ciel épuisé, 
regarde-moi dans le silence des miroirs.


Regarde comment je touche les tréfonds sombres de mes rêves avec mes mains restées collées sur la pâleur de tes joues.


Pour toi qui oublie le lien de ton existence avec les sables
stagnants de ce fossé vide,
pardonne ici la colère indifférente d’une image
dont le souhait inaccessible de mobilité
fond dans tes yeux agacés. 


car même si je reste ensorcelé
courant tel un étranger sur les rives du Nil,
et qui lave par la pluie la senteur de son corps face à l’obscurité qui le rempli de doutes, 
tu restes caché là ou mes pas ne pourront te suivre
et ou en toute impunité tu feras nuit sur mon souffle enivré.

 

 

 

© Jean-Louis van Durme

 

 

Il faut reprendre le chemin.

 

Dépecé la carcasse des mots

afin de trouver l'apaisement .

 

 

Chaque mot se soustrait au précédent

et le remet en question.

 

 

Le vertige teint du vide,

les mots sont là pour le combler.

  

 

Dans son nom vit ce qui ne sera jamais. 

 

 

Le vertige teint du vide,

les mots sont là pour le comber.

 

Chaque lieu te mène à un autre lieu.

 

Chaque idée est le reflet de ce qui n’est

déjà plus. 

 

Une idée passe et disparaît.

  

 

Ce que les mots ne disent pas,

le silence s’en chargera.

 

 

Il faut reprendre le chemin

 

  pour que se crée un passage.

 

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

Entre sans frapper dans l'histoire,
eau dormante à quoi rêves-tu ?


Les mots nés de la nuit se pourchassent 
et s'étreignent !


Ne sais-tu donc pas que les poètes
Sautent au-dessus de la mort !

 

 

© Jean-Louis Van Durme