Wadi El Gemal National Reserve Egypt

 

Dans tes mains ne retiens rien, 
Dans ton âme nul souvenir, 

Un navire retourné par la houle et submergé par le doute
confond rarement ses sentiments d’inquiétude avec les vagues qui le balance.

Ton départ est celui d’Ulysse, 
L’ accomplissement d’une vie.
Tends ton arc vers le destin, les senteurs du pays,
et crée pour l’éternité ton propre mythe.

Alors chante, 
chante ta liberté !

Et si au hasard du temps,
quelques violons, 
durant les passages d’hiver, 
nomment ta solitude et ton effroi,
n’oublie jamais de garder l’horizon pour ce qu’il est, 
inviolable, merveilleux, infranchissable.

Tel est la loi des hommes, qui aux confins de leur mémoire
inscrivent les grands voyages.

 

JLVD.

Il n'y a distance ni horizon,

c'est la prudence à l'état absolu,

le jour n'est qu'un feu d'évasion poétique

ou se confond poussière et diamant noir.

 

JLVD.

Le jour touche à sa fin. 
Je tend l’arc d’eau vers la pointe du jour,
Je confie à cette mer orageuse les caresses d’un espoir
qui absorbe ma raison et décime mon coeur.
J’accueille en mon foyer 
les ardeurs réclamant ma clémence,
et j’accepte de m’incliner sous le vent 
qui se dresse tel un dieu pointant du doigt les cieux. 
Le sommeil est bon car nous nous en réveillons dis Pessoa.
Ne me suis-je pas condamné à suivre les traits de son éternité,
dans la pâleur du brouillard qui révèle ses yeux endormis.
J’accueille en mon foyer
les ardeurs réclamant ma clémence.
Brève fut cette année, brève de toute chose ….

 

JLVD

Ulysse dans les sables…

Sous un terrible vent du vide,
s’étendent 
de Damas à Ithaque,
marécages noyés
et déserts oubliés.

Ne reconnais-tu pas 
tous ceux qui s’en échappent
en une sombre poussière 
et recouvrent de rouille
l’étoffe inachevée !

Tu livreras bataille,
sentinelle des dieux,
disperseront au loin
les cris de leur révolte
à mon coeur fatigué.

Quant à ceux,
dont la mine
creuse et envieuse
te regarde en riant ! 

Congédie-les ! 

Car au vent des précipices,
Il est des bateaux sombres 
aux projets plus que funestes, 
qui de brumes en cadavres,
dispersent dans ton coeur
les vins âcres de la trahison !
 
Aussi, 
mon âme, 
armes-toi de patience,
et ne laisse personne
prendre part au festin ! 

 

JLVD.

Ce soir l’hiver s’est roulé sur lui-même

couché sur les versants de l’âme

comme un sable mouillé.

 

Depuis la fenêtre de ma mémoire

je regarde l’orage

se dissiper

sans crainte aucune

de l’entendre gronder.

 

J’observe le coeur noyé

quelques visibles 

me rappelant

que cet instant 

fût

un insondable abri

à la ferveur de l’exilé.

 

Ne suis-je pas le gardien 

d’un instant 

dont les yeux,

seuls témoins que le temps

à retiré aux sourires éveillés

s’empare du sens intime de l’univers !

 

Vous voilà donc chez moi,

sur les flancs de cette colline sans nom,

telle une porteuse d’eau

versant sur les rivières

de la mémoire

l’illusion

qu’un coeur se souvient

toujours lorsqu’on l’a caressé.

                                                                                   

                                                                                                                           JLVD.

 

 

Le monde naît sans fin
Et voici que dans l'air une présence tremble
Dissimulant un esprit qui s'éveille 
Et qui connait tout de moi .... 

 

JLVD.

 

Dans la lumière incandescente de ce ciel épuisé, 
regarde-moi dans le silence des miroirs.
Regarde comment je touche les tréfonds sombres de mes rêves avec mes mains restées collées sur la pâleur de tes joues.
Pour toi qui oublie le lien de ton existence avec les sables
stagnants de ce fossé vide,
pardonne ici la colère indifférente d’une image
dont le souhait inaccessible de mobilité
fond dans tes yeux agacés. 
car même si je reste ensorcelé
courant tel un étranger sur les rives du Nil,
et qui lave par la pluie la senteur de son corps face à l’obscurité qui le rempli de doutes, 
tu restes caché là ou mes pas ne pourront te suivre
et ou en toute impunité tu feras nuit sur mon souffle enivré.

 

 

JLVD

Entre sans frapper dans l'histoire,
Eau dormante à quoi rêves-tu ?
Les mots nés de la nuit, se pourchassent 
Et s'étreignent !
Ne sais-tu donc pas que les poètes
Sautent au-dessus de la mort !

 

JLVD.

 

           *