The unnamed desert

Om Shadad Mountain Egypt

 

Sous ces édifices invisibles,
fracture du vent qui noue et dénoue nos dissemblances.  
Voici que tu prends forme.
Ton langage de grain de sable
brûle sous mes pas.
Qu’as tu abandonné au milieu du désert !
Dans le jardin de tes artères.
Sous ces édifices invisibles,
Fracture du vent qui noue et dénoue nos ressemblances.

 

 

JLVD.

 

Le jour touche à sa fin. 
Je tend l’arc d’eau vers la pointe du jour,
Je confie à cette mer orageuse les caresses d’un espoir
qui absorbe ma raison et décime mon coeur.
J’accueille en mon foyer 
les ardeurs réclamant ma clémence,
et j’accepte de m’incliner sous le vent 
qui se dresse tel un dieu pointant du doigt les cieux. 
Le sommeil est bon car nous nous en réveillons dis Pessoa.
Ne me suis-je pas condamné à suivre les traits de son éternité,
dans la pâleur du brouillard qui révèle ses yeux endormis.
J’accueille en mon foyer
les ardeurs réclamant ma clémence.
Brève fut cette année, brève de toute chose ….

 

JLVD.

Quelque soit le ciel sur moi,

où que gronde l'océan,

il me portera encore.

 

Si me cernait un désert,

j'en pourrais atteindre l'eau.

 

 

JLVD

Gardien d’un temple sur fond de sable
qui s’accorde en silence aux promesses du ciel,

une mer s’éblouit au feu du couchant,
et te rappelle qu’il n’en est pas un 
qui ait su t’appeler par ton nom ! 

Si tout et son contraire te rappelle
que la complexité tient d’un vide funeste
que tes mots ne parviennent pas à contredire,

sois prêt aujourd’hui à accueillir
tout instant qui advient.

Tu sais que ta vision du désert
te ramène toujours à l’unique souffle
qui calme et repose ton esprit étourdi.

Tu sais à présent que ces montagnes
que regardent les arbres solitaires
sollicitent en toi ce jardin trop longtemps délaissé
où s’écoule à bras ouverts
ce temps que tu connais si bien.

Qui n’a pas connu la douceur en ces lieux
ne survivra pas. 

Aussi, 
ton coeur de nomade,
caressé par une lune fugitive
et auréolé de la brume que connaissent
les hommes des sables invaincus
s’en retourne s’abriter sur ces vallées d’infortune.

Les promesses de vie gardent leur secret.

 

JLVD.

Ne rattrapes-tu pas ce que tu lances de la main !

Les heures sautent de la falaise,
et te condamnent indistinctement
à retenir tes mots.

Si ta vision s’éveille avec le couchant,
ne déplace-t’elle pas aussi
les ombres dans ton sommeil !

Tu es celui par qui viendra la faille,
au désir, sans peur, 
attisant le feu dans un murmure ciselé.


Un rocher évacue
ses peurs et tombe.

Tu y es presque ! 

Marche au milieu de ton propre corps.
Ensuite,
remonte le versant au regard suppliant
et glisse impassible
un sourire aux lèvres
sur la vague écarlate
qui chavira ton coeur 
et noie là !

 

JLVD.

Je suis né sur une île.
Je suis une île remontant les flots
le temps de voir la lumière.

Les pierres font toujours semblant de ne pas bouger.
Un reflet de variations mêlant
sueur et brise légère

Reflets intimes.

Je parle de ce qui vient,
la route encore et encore.
Un arbre brûlé. 
Ton ombre dissimulée. 

Le parfum s’obstine et me pénètre,
Il enjambe roches et sables.

Je déverrouille en silence,
le vent se charge de courir
alentour.

Un jour tu me l’as dit je me réveillerai,
nos mains se changeront en pieuvres,
et marchant penchés sur l’insouciance de nos vies 
nous laverons ce monde inévitable de l’enfance.

 

JLVD.

 

 

Un écho,
venu des confins de ton ignorance
s’approche au regard de celui 
qui partage sans compter l’eau du désert.

Il te séduit avec le regard de l’enfant
envieux, et tel un renard abattu
offre ses lourdes paupières
à ta compassion.

 

Un puits se dresse non loin de là !

 

Ton allégresse rompt les serments 
du jour et tes bras tendus se perdent
sur des roches incertaines.

Croise les jambes et il les croisera,
apporte un espoir d’eau,
il le videra dans un océan d’incertitude.
Ouvre lui ton coeur,
et la nuit tombera brusquement sur tes os.

 

L’écho, 
partageant ton insouciance,
et tournoyant autour de ton silence
se meut à présent et souffle
sur l’eau que tu lui tends.

 

Il est l’océan noir,
dont l’âme s’est noyée
et dont la voix s’est muée en écho
afin de faire vaciller tes pas.

 

On ne glisse pas en silence
dans les ténèbres
de celui qui,
tel un puits sans fond,
te séduit afin de te noyer.

 

L’homme du désert a ses lois, 
et du fond de sa mémoire 
se rappelle que l’eau y
est plus précieuse
qu’un écho l’appelant
dans l’ombre de ses tourments.

 

 

JLVD.

 

Le désordre
se tend.
Il évoque l’impossibilité
de l’être
à s’absenter de lui-même.

Les corps ne se défendent pas,
ils s’identifient.
Leur proximité s’absente 
en une parole qui s’approche
et s’enfuit.

Ce que l’un retient en silence
l’autre l’achemine en sourdine.

Des roches incertaines 
certifient le chemin 
des possibles.

L’esprit ne s’égare pas
il bascule au-dehors
La chair garde la constance.

Tu sais que nulle ne pourra diviser 
les formes séculaires
qui réunissent les montagnes.

Un gain de sable
se replie sous le vent
et s’en va.

 

JLVD.

Dans le désert,

le sublime est contenu par une multitude de branches.

 

On y passe une fois par existence,

où l'on cède peu à peu à un mot inaudible qui exclus tous les autres.

 

JLVD

Engagé dans un vent d’infortune
et pareil aux rivages repliés sur eux-mêmes
Il est celui dont le sang formule les couleurs
les plus vives et retourne la terre.

 

il est celui dont le regard allie le sable à l’eau.

Il est un chant tournoyant au fond d’un puits
et résonnant de promesses oubliées.

 

Les particules d’une île s’effacent.

 

Sur des étendues où poussières et vents
s’engagent et se perdent,
Il est ce fragment de roche insaisissable.

 

Patiente et c’est tout un désert
qui se courbera sous tes pas.

 

Bouges, et c’est ton ombre que tu condamneras !

 

Le poète remplissant une jarre,
celée de poussière et de lait de brebis s’écrie ! 

 

En aucun cas il ne faut bouger les pierres 
qui sommeillent ici,
elles seules ont le pouvoir de se souvenir.

 

Avant se dressait ici,
fière et mouvementée,
une mer de galets aux couleurs de lune,
qui mêlée aux éléments 
te donnait l’ivresse de l’insouciant.

 

Double battement d’un mirage
liant la brume et l’écume.
Rien ne viendra jamais combler le vide.

 

Au-dehors,
Un scarabée s’empresse sur un sable de midi.

 

Tu tomberas encore avant qu’un gardien
de troupeau assoiffé 
ne vienne puiser l’eau qui est en toi. 

 

Les terres se souviennent toujours
qu’aucun de leurs mouvements n’est éternel. 
Ne renforce pas ton immobilité,
chacun de tes gestes appelle les pierres
à désigner le lieu de tes rêves !

 

 

JLVD

*