The unnamed desert

Om Shadad Mountain Egypt

 

Sous ces édifices invisibles,
fracture du vent qui noue et dénoue nos dissemblances.  


Voici que tu prends forme.


Ton langage de grain de sable
brûle sous mes pas.


Qu’as tu abandonné au milieu du désert !

 

Comme la rumeur d'une pensée qui te guide.


Sous ces édifices invisibles,
Fracture du vent qui noue et dénoue nos ressemblances.

 

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

 

Le jour touche à sa fin. 


Je tend l’arc d’eau vers la pointe du jour;

 

Je confie à cette mer orageuse les caresses d’un espoir
qui absorbe ma raison et décime mon coeur.


J’accueille en mon foyer 
les ardeurs réclamant ma clémence,
et j’accepte de m’incliner sous le vent 
qui se dresse tel un dieu pointant du doigt les cieux. 


Le sommeil est bon car nous nous en réveillons dis Pessoa.


Ne me suis-je pas condamné à suivre les traits de son éternité,
dans la pâleur du brouillard qui révèle ses yeux endormis.


J’accueille en mon foyer
les ardeurs réclamant ma clémence.


Brève fut cette année, brève de toute chose.

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

Piétine tes mots

jusqu’à ce que tu n’aies plus besoin de les rapatrier

 

 

et fait sombrer ton langage 

là où se vident les contraintes que ramasse le temps.

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

J’éclaire la montagne

pour que tu puisses t’étendre

 

Et sous tes hanches 

regarder l’univers

 

Qui s’accroche en silence.

 

La courbe de ton dos

dévalant sous mes lèvres

 

Une nuit sans visage

pour quelques fruits amers

 

Là où tu n’es déjà plus.

 

Que cache cette montagne

dans un repli céleste

 

Et c’est tout l’univers

qui s’agrippe au regard

 

De celui dont le temps

s’interrompt 

 

Et s’égare.

 

 

*

 

 

Les yeux rivés sur moi

dans un écrin de roche

 

Et cherche le refuge

en secouant ses chaînes

 

Dans tout cet univers

qui se plie et appelle

 

Enlacés par la taille

et muré dans ses pierres

 

Qu’on ne laisse pas le mystère

éclairer la montagne

 

Pour qu’à la nuit tombée

sous des torrents de larmes

 

Consacrées s’en retournent

en bordure de montagne

 

Un aigle qui s’incline

          

Et aura disparu.

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

 

Il faut ensuite reprendre le cours du temps

dans les égarements que suspend le regard. 

 

                               

Et si la lumière vient en rampant 

emportant sur ses rives les vents contraires des souvenirs,

 

 

Il est une heure pour chaque chose

et l’intimité pour s’étendre un instant.

 

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

 

Accroché aux parois grandissantes

d’une déferlante défiant la tempête,

une vague courte et hargneuse

s’abat inexorablement vers les brisants.

 

 

Pétrifié dans une déraison que seule

une Gorgone sous prétexte d’un regard

trace une ligne de feu sur les murs azurés de mon destin,

je sacrifie dans les tréfonds de ma conscience

les quelques accords inopportuns qui me servaient 

de refuge.

 

 

Une presqu’île s’éloigne du continent

et s’incline.

 

 

Au-delà de ces eaux se dresse un désert,

à l’encre prudente et flottant dans les airs.

 

 

Et même s’il n’y a pas de mers sans danger,

pas un seul désert qui ne m’ait assoiffé,

je retrouve à présent l’aisance de l’aveugle qui

s’échoue tranquillement dans les profondeurs de l’oubli,

rejoignant sans peine les versants escarpés

de ce monde me reliant d’un fil à toute chose.

 

 

Il m’a fallu vider cette mer pour trouver un désert.

 

 

Aussi,

 

tu ne me reconnaîtras plus car je n’ai pas changé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

 

Si je reviens à la terre,

excessif et exposé;

 

 

Abordant l’univers

à la lueur de ces sables

qui se resserrent au bord des vagues;

 

 

Sur ces rivages 

anonymes que les pierres

calmes et disposent

en une multitude de cerceaux fluviaux;

 

 

D’un horizon qui en regarde un autre,

et qui d’un geste les réunit;

 

 

Descendant cette montagne

au torse couché sur les flots;

 

 

Et regardant le passé

sans qu’aucune brebis ne me ferme les yeux;

 

 

J’aurai compris que du vide

on ne s’extrait jamais réellement.

 

 

*

 

 

Alors que les vents se ruent

sur des textes en arabesques

à l’écoute d’une ultime nudité;

 

 

Je pourrai enfin nommer

l’élément qui me lie violemment

 aux forces de l’érosion.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

 

Gardien d’un temple sur fond de sable
qui s’accorde en silence aux promesses du ciel,

 

une mer s’éblouit au feu du couchant,
et te rappelle qu’il n’en est pas un 
qui ait su t’appeler par ton nom ! 

 

Si tout et son contraire te rappelle
que la complexité tient d’un vide funeste
que tes mots ne parviennent pas à contredire,

sois prêt aujourd’hui à accueillir
tout instant qui advient.

 

Tu sais que ta vision du désert
te ramène toujours à l’unique souffle
qui calme et repose ton esprit étourdi.

 

Tu sais à présent que ces montagnes
que regardent les arbres solitaires
sollicitent en toi ce jardin trop longtemps délaissé
où s’écoule à bras ouverts
ce temps que tu connais si bien.

 

Qui n’a pas connu la douceur en ces lieux
ne survivra pas. 

 

Aussi;

 

Ton coeur de nomade,
caressé par une lune fugitive
et auréolé de la brume que connaissent
les hommes des sables invaincus
s’en retourne s’abriter sur ces vallées d’infortune.

 

Les promesses de vie gardent leur secret.

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

Ne rattrapes-tu pas ce que tu lances de la main !

Les heures sautent de la falaise,
et te condamnent indistinctement
à retenir tes mots.

Si ta vision s’éveille avec le couchant,
ne déplace-t’elle pas aussi
les ombres dans ton sommeil !

Tu es celui par qui viendra la faille,
au désir, sans peur, 
attisant le feu dans un murmure ciselé.


Un rocher évacue
ses peurs et tombe.

Tu y es presque ! 

Marche au milieu de ton propre corps.


Ensuite,
remonte le versant au regard suppliant
et glisse impassible
un sourire aux lèvres
sur la vague écarlate
qui chavira ton coeur 
et noie là !

 

 

 

 

 © Jean-Louis Van Durme

Je suis né sur une île.
Je suis une île remontant les flots
le temps de voir la lumière.

Les pierres font toujours semblant de ne pas bouger.


Un reflet de variations mêlant
sueur et brise légère

Reflets intimes.

Je parle de ce qui vient.


La route encore et encore.


Un arbre brûlé. 


Ton ombre dissimulée. 

Le parfum s’obstine et me pénètre,
Il enjambe roches et sables.

Je déverrouille en silence,
le vent se charge de courir
alentour.

Un jour tu me l’as dit je me réveillerai.


Nos mains se changeront en pieuvres,
et marchant penchés sur l’insouciance de nos vies 
nous laverons ce monde inévitable de l’enfance.

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

 

 

Un écho,
venu des confins de ta conscience
s’approche au regard de celui 
qui garde pour lui sans l’eau du désert.

 

Il te séduit avec le regard de l’enfant,
 et tel un renard abattu
offre ses lourdes paupières
à ta compassion.

 

Un puits se dresse non loin de là !

 

Ton allégresse rompt les serments 
du jour et tes bras tendus se perdent
sur des roches incertaines.

 

Croise les jambes et il les croisera,
apporte un espoir d’eau,
il le videra dans un océan d’incertitude.


Ouvre lui ton coeur,
et la nuit tombera brusquement sur tes os.

 

L’écho, 
partageant ton insouciance,
et tournoyant autour de ton silence
se meut à présent et souffle
sur l’eau que tu lui tends.

 

Il est l’océan noir,
dont l’âme s’est noyée
et dont la voix à mué 
afin de faire vaciller tes pas.

 

On ne glisse pas sans conséquences
dans les ténèbres
de celui qui,
tel un puits sans fond,
te séduit afin de te noyer.

 

L’homme du désert a ses lois, 
et du fond de sa mémoire 
se rappelle que l’eau y
est plus précieuse
qu’un écho l’appelant
dans l’ombre de ses tourments.

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

 

Le désordre
se tend.


Il évoque l’impossibilité
de l’être
à s’absenter de lui-même.

 

Les corps ne se défendent pas,
ils s’identifient.


Leur proximité s’absente 
en une parole qui s’approche
et s’enfuit.

 

Ce que l’un retient en silence
l’autre l’achemine en sourdine.

 

Des roches incertaines 
certifient le chemin 
des possibles.

 

L’esprit ne s’égare pas
il bascule au-dehors.


La chair garde la constance.

 

Tu sais que nul ne pourra diviser 
les formes séculaires
qui réunissent les montagnes.

 

Un gain de sable
se replie sous le vent
et s’en va.

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

Dans le désert,

le sublime est contenu par une multitude de branches.

 

On y passe une fois par existence,

où l'on cède peu à peu à un mot inaudible qui exclus tous les autres.

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

Un regard force la distance, 

 

Il ne craint ni le temps, ni l’espace,

ni l’annihilation de toute chose.

 

Le vent se retire,

l’air alentour semble condamné.

 

À croire que tout s’est replié 

dans un silence assourdissant.

 

Tant de ciel pour si peu d’étoiles,

et tant de poussière consumée.

 

Sur les plaines d’un poème qui s’efface, 

dans un déplacement étranger à tout language.

 

Et tous ces mots qui se perdent à jamais.

 

*

 

Un silence force mon regard,

 

et entend du fond des temps, de l’espace,

un chant que l’on attendait plus.

 

Dans l’ombre d’un figuier penché sur

le désert d’une rivière sans âge.

 

Il marque la cadence de toute chose,

et reprend le chemin de vents ancestraux.

 

Pour celui dont les secrets ont l’audace des sages.

 

Et tous ces mots qui renaissent des sables.

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

 

Engagé dans un vent d’infortune
et pareil aux rivages repliés sur eux-mêmes
Il est celui dont le sang formule les couleurs
les plus vives et retourne la terre.

 

il est celui dont le regard allie le sable à l’eau.

 

Il est un chant tournoyant au fond d’un puits
et résonnant de promesses oubliées.

 

Les particules d’une île s’effacent.

 

Sur des étendues où poussières et vents
s’engagent et se perdent,
Il est ce fragment de roche insaisissable.

 

Patiente et c’est tout un désert
qui se courbera sous tes pas.

 

Bouges, et c’est ton ombre que tu condamneras !

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

Par nos terres submergées  

face au vent qui désigne               

et questionne son passage.

 

 

D’un regard de traverse

ramassé sur lui-même

et vaincu par nos cris.

 

 

Ainsi chemine le langage 

de tous les langages.

 

 

Le rythme se fige,

reprend et s’enfuit.

 

 

Si nos rêves s’agrippent au hasard,

c’est en flamme qu’ils anéantissent

 la courbe des étoiles.

 

 

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

 

 

 

Une nuit approche.

 

Le vent pousse ses faiblesses sur ma poitrine 

 et l’altitude refroidit le sable sous mes pieds.

 

Immersion.

 

Je sens mon corps se disloquer

et l’abandon se rapprocher.

 

Pour un cortège d’étoiles 

et un bras tendu entre deux continents.

 

Les pierres se taisent

et renient leur rêve d’éternité.

 

Je défais ce langage qui me servait d’écho

et réfugie mes mots sous une rose des sables.

 

 Me voilà seul à présent,

le deuil touche à sa fin.

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

 

*