Once Upon A Time

  Wadi el Gemal National Reserve Egypt

Je suis venu par lui, 
à errer au désert.
Silence de sable noyé,
et écouter mon coeur  
en ces lieux oubliés.

J’ai couru au désert,
assiégé d’un feu dévorant,
bleu de peur et s’envole. 
Le regard suppliant.

N’entends-tu pas les murmures 
remontant sur cette épaule blanche 
au sommet délicat !
Nul ne sait quelle âme elle renferme.

Je suis seul au désert,
et j’entends en secret,
aux confins de son coeur,
s’affligeant bien des peines.
Un otage s’enfuyant !

N’as-tu pas le visage du berger
dont le troupeau 
dispersé par tes larmes
s’est perdu au lointain ?

 

JLVD.

 

Il est de ces voyages
qui ne se font pas en 
traversant les mers.

Il est de ces voyages 
qui s’emparent de l’âme
et y résident.

Ceux-là même que l’horizon
ignore.

Ceux-là même que chuchote 
le poète.

Et qui exposés aux vents 
des plus froides hauteurs,

délaissent leur ombre 
de marin
et se noient sans frayeur.

Reste l’homme empêché,
resserré sur lui-même,
faute d’Orient,
faute d’un corps à corps,

et vivant désormais
dans le monde de ceux
qui sans le vouloir
se retrouvent à ramer
sur un fleuve sans âge. 

 

JLVD.

Quand il me vient du Nord
Où privée de mon âme
Je te montrerai à tord
Douce blancheur de marbre
Que rêvé de quiétude
Là ou nos corps se lavent
Tant d'espace à blâmer !

Fût-ce un bref instant,

Un navire de granite sur une vague cueillant la nuit.
Un sablier de Janvier couché sur le flanc.
Un sel de mer lavé par des larmes de tendresse.

Quand l'âme en perdition,
Comment faire autrement !
D'un long éloignement

Fût-ce un bref instant,
Fût-ce un bref instant,

Lune humiliante,
L'autre repoussée ...

 

JLVD.

 

Ton corps est en proie 
à la lumière
Invaincu il se retourne
sur lui-même

et témoigne, 

Celui qui ne dit rien 
assemble un silence

Celui qui parle trop
terrorise l’univers

Vit tranquillement
dans l’insignifiance partagée
de tes émotions

Tu cesseras de pleurer en grandissant
et ne prendras la parole
qu’au dernier jour 
d’une imperturbable douceur.

 

JLVD.

Thebes 

 

Les heures se perdent dans une répétition effrénée
et avancent par delà les vagues profondes
resserrant les liens qui nous unissent.

Je marche au milieu de mon propre corps,
naviguant sur l’écume, 
me cachant sous les ombres 
de vagues indistinctes.

Ma douleur ne pénètre pas l’image,
elle n’est que le reflet de ce que je ne vois pas,
l’indicible repli de mes émotions
transcendées par celui qui m’observe.

En réponse à ces visions
je ne vois qu’un chaos de rochers,
un alpage s’effondrant sur lui-même,
un cri étouffé qui abjure !
Telle une onde de choc qui emporte mon coeur
et me laisse sans raison dans une absurde nudité.

Tout ce que tu vois
n’est que reflet.

Prends garde à l’écriture !
elle n’est faite que des sédiments de ton âme
lâchés dans des chantiers nocturnes.

Si mon ardeur se plaît,
à t’aimer trop longtemps,
en frère de la mort,
c’est surtout parce que l’amour ment,
parfois ! 

 

JLVD.

 

 

Je m’étais perdu mille fois
à compter sous le figuier
les fruits suspendus 
dont le vent emporte la mémoire.

Dans la solitude confuse et muette
de celui qui chapardait ton coeur.

Aujourd’hui je sais que ce que tu es 
disparaîtra avec l’aube. 

 

JLVD

 

Je voudrais peupler les sables !
Mais la vision est autre.

Je recommence au jour du 
commencement.

Inlassablement.

D’une nuit improvisée au secours du temps,  
là où de l’instant,
chaque grain de sable se connecte
dans un même univers, se faisant l’écho 
invraisemblable d’une chambre
que l’on nomme oubli.
Je passe sur sa peau.

L’ordre est permanent, le désordre aussi.

La synthèse a lieu !

Allongé sur ces flots asséchés,
et rongé par l’impossibilité
de me rejoindre,
ce corps ne me rappelle rien.
La pensée s’éclaircit et se brise. 

Je feins alors le vide,
et seul,
au milieu d’un océan ocre et dérisoire
des jumeaux disparus dans les cernes
d’une évanescence infinie,
je comprends que les traces
que nous laissons s’évaporent  
dans ce que de l’autre nous ne retrouvons plus en 
nous-même. 

 

JLVD.

 

*