The unnamed desert    Part II

Qui se souviendra de ce vent 

qu’aucun ciel ne réveille;

 

Et qui plane et qui court

conseiller sur ses terres;

 

Accablé par ces sables

sans lumière ni rivière;

 

Se changeant à l’infini 

en désert de poussière.

 

D’un passager solitaire

au regard de l’exil,

d’un torrent qui sommeille

 

et que nul ne ranime.

 

 

 

 

© Jean-louis Van Durme

 

Je suis venu par lui, 
à errer au désert.
Silence de sable noyé,
et écouter mon coeur  
en ces lieux oubliés.

J’ai couru au désert,
assiégé d’un feu dévorant,
bleu de peur et s’envole;


Le regard suppliant.

N’entends-tu pas les murmures 
remontant sur cette épaule blanche 
au sommet délicat !
Nul ne sait quelle âme elle renferme.

Je suis seul au désert,
et j’entends en secret,
aux confins de son coeur,
s’affligeant bien des peine;


Un otage s’enfuyant.

N’as-tu pas le visage du berger
dont le troupeau 
dispersé par tes larmes
s’est perdu au lointain ?

 

 

 

 

© Jean-louis Van Durme

 

Il est de ces voyages
qui ne se font pas en 
traversant les mers.

Il est de ces voyages 
qui s’emparent de l’âme
et y résident.

Ceux-là même que l’horizon
ignore.

Ceux-là même que chuchote 
le poète.

Et qui exposés aux vents 
des plus froides hauteurs,
délaissent leur ombre 
de marin
et se noient sans frayeur.

Reste l’homme empêché,
resserré sur lui-même,
faute d’Orient,
faute d’un corps à corps,

et vivant désormais
dans le monde de ceux
qui sans le vouloir
se retrouvent à ramer
sur un fleuve sans âge. 

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

Quand il me vient du Nord
Où privée de mon âme
Je te montrerai à tord
Douce blancheur de marbre
Que rêvé de quiétude
là ou nos corps se lavent.


Tant d'espace à blâmer !


Fût-ce un bref instant.

Un navire de granite sur une vague cueillant la nuit.


Un sablier de Janvier couché sur le flanc.


Un sel de mer lavé par des larmes de tendresse.

Quand l'âme en perdition,
Comment faire autrement !
D'un long éloignement.

Fût-ce un bref instant
Fût-ce un bref instant

Lune humiliante,
l'autre repoussée .

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

Nous sommes tous abandonnés par le regard que nous portons vers les étoiles. 

 

Les sables que nous contemplons le matin,

 

témoigne de chaque pas que nous retirons au précédent. 

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

 

Ton corps est en proie 
à la lumière.


Invaincu il se retourne
sur lui-même

et témoigne; 

 

Celui qui ne dit rien 
assemble un silence;

 

Celui qui parle trop
terrorise l’univers.

 

Vit tranquillement
dans l’insignifiance partagée
de tes émotions.

 

Tu cesseras de pleurer en grandissant
et ne prendras la parole
qu’au dernier jour 
d’une imperturbable douceur.

 

 

 

 

© Jean-louis Van Durme

À toi pour qui tout tient en un lieu, 

et passage;

 

À toi qui

ne reconnais l’espace

que dans l’ensemble de variations se liant à la fureur 

d’un récital sans fin,

et font rage;

 

À toi pour qui tout point final ouvre encore 

un mouvement aux limites infinies,

et s’engage.

 

À toi qui te soustrais, te submerge,

et que rien ne retient;

 

Tu fixes un point et c’est une issue qui recule;

Tu fixes mille points et c’est tout l’univers qui bascule.

 

Traverse un désert et c’est toi que tu traverses.

 

Et si la mémoire vient à mendier

aux barreaux de ton infatigable usure,

elle ne fait que réveiller les foyers

qui séparent l’éveil d’un geste à celui d’un repos usurpé.

 

 

 

Combien d’espace reste-t-il en toi ?

 

 

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

 

N’être que le lieu de cet appel,

telle une source, un murmure,

affranchi par le vent

et libéré par les lèvres

que lui ouvre l’horizon.

 

 

C’est ici que je bâtirai ma maison,

avec une pierre en équilibre

et un aigle noir reposant

sous le silence de mon regard.

 

 

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

 

Quelque chose m’attend,

 

soupirant dans l’imprévu,

 

tel un livre du désert replié sur lui-même.

 

 

 

Là où les roches sont les plus denses.

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

Je suis la terre,

et la terre c'est toi.

 

Ne referme pas la porte,

ne pénètre pas dans l’oubli.

 

Comme mon coeur pioche,

comme ma raison chante,

et s'éteint sous tes yeux.

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

 

Les heures se perdent dans une répétition effrénée
et avancent par-delà les vagues profondes
resserrant les liens qui nous unissent.

 

Je marche au milieu de mon propre corps,
naviguant sur l’écume, 
me cachant sous les ombres 
de vagues indistinctes.

 

Ma douleur ne pénètre pas l’image,
elle n’est que le reflet de ce que je ne vois pas,
l’indicible repli de mes émotions
transcendées par celui qui m’observe.

 

En réponse à ces visions
je ne vois qu’un chaos de roches,
un alpage s’effondrant sur lui-même,
un cri étouffé qui abjure !


Telle une onde de choc qui emporte mon coeur
et me laisse sans raison dans une absurde nudité.

 

Tout ce que tu vois
n’est que reflet.

 

Prends garde à l’écriture !


Elle n’est faite que des sédiments de ton âme
lâchés dans des chantiers nocturnes.

 

Si mon ardeur se plaît,
à t’aimer trop longtemps,
en frère de la mort,
c’est surtout parce que l’amour ment,
parfois ! 

 

 

 

 

 © Jean-Louis Van Durme

 

 

Je m’étais perdu mille fois
à compter sous le figuier
les fruits suspendus 
dont le vent emporte la mémoire

dans la solitude confuse et muette

de celui qui chapardait ton coeur.

 

Aujourd’hui je sais que ce que tu es 
disparaîtra avant l’aube. 

 

 

 

 

© Jean-louis Van Durme

Dans la lumière incandescente de ce ciel épuisé,

regarde-moi dans le silence des miroirs.

 

Regarde comment je touche les tréfonds sombres de mes rêves

avec mes mains restées collées sur la pâleur de tes joues.

 

Pour toi qui confond le lien de ton existence avec les sables

stagnant de ce fossé vide, 

pardonne ici la colère indifférente d'une image

dont le souhait inaccessible de mobilité

fond dans tes yeux agacés.

 

Car même si je reste ensorcelé,

courant tel un étranger sur les rives du Nil,

et qui lave par la pluie la senteur de son corps face à l'obscurité

qui le rempli de doute,

tu restes caché là où mes pas ne pourront te suivre 

et ou en toute impunité tu feras nuit sur mon souffle enivré.

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

Il est un lieu aux résonances infinies

qui tel un fleuve 

se déverse sur des rives aux ombres silencieuses.

 

 

Répandu dans les profondeurs du cosmos

il est un monde en amas de roches dévastées

qui rejoint, sépare et témoigne, 

délivre, efface et retrace 

ses contours invisibles;

 

 

Et se prolonge en des lieux inconnus.

 

 

D’un ordre permanent aux confins du chaos 

d’où s’extrait le monde sauvage, 

nous finissons tous égorgés par les caresses

d’un corps qui palpite.

 

 

Si tout communique en ce monde

c’est en vain, car l’homme dans 

son ensemble ne connaît

ni liant, ni jonction, et ne reconnaît

que le temps auquel il se soustrait;

 

 

En un lieu que le lieu regarde,

 

et s’ouvre sur les chemins de la confusion.   

 

 

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

 

Je sais que de ces multiples de l'âme,

de ces campagnes infinies,

je finirai brisé par une vague indistincte.

 

Que de l'ivresse de mon insouciance 

je ne verrai que les sentences du destin !

 

Et je marche dans ces pays de sables

déployant en silence

les multiples qu'emportent le vent.

 

Je te regarde depuis les astres,

couché dans un songe.

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

 

 

 

Je voudrais peupler les sables !
Mais la vision est autre.

Je recommence au jour du 
commencement.

Inlassablement.

D’une nuit improvisée au secours du temps,  
là où de l’instant,
chaque grain de sable se connecte
dans un même univers se faisant l’écho 
invraisemblable d’une chambre
que l’on nomme oubli.


Je passe sur sa peau.

L’ordre est permanent, le désordre aussi.

La synthèse a lieu !

Allongé sur ces flots asséchés,
et rongé par l’impossibilité
de me rejoindre,
ce corps ne me rappelle rien.

 

La pensée s’éclaircit et se brise. 

Je feins alors le vide,
et seul,
au milieu d’un océan ocre et dérisoire
des jumeaux disparus dans les cernes
d’une évanescence infinie,
je comprends que les traces
que nous laissons s’évaporent  
dans ce que de l’autre nous ne retrouvons plus en 
nous-même. 

 

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

 

Il faut refaire le chemin.

 

dépecer la carcasse des mots

afin de trouver l'apaisement .

 

Chaque mot se soustrait au précédent

et le remet en question.

 

Dans son nom vit ce qui ne sera jamais.

 

Le vertige tient du vide,

les mots sont là pour le combler.

 

Licencie le pouvoir qu'ont tes mots,

pour cela tu dois leur écrire.

 

Chaque lieu te mène à un autre lieu.

 

Chaque idée est le reflet de ce qui n'est déjà plus.

 

Une idée passe et disparaît.

 

Tu sais que rien ne tient réellement.

 

Ce que les mots ne disent pas,

l'oubli s'en chargera.

 

Il faut refaire le chemin,

pour que se crée un passage. 

 

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

 

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