Pour une nouvelle Odyssée

 

Les navires ne dorment jamais complètement.


Nous pourrions tout supporter,
même de ne jamais rien voir d'autre que 
le bout de nos rêves. 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

Ce que nous cherchons aux confins du regard

que nous portons vers les cimes enneigées

de nos vies déclinantes se reflètent sur les

contours de nos espoirs consommés.

 

 

Relie les artères que sèment les montagnes

et tu trouveras le chemin qui mène aux sources

de tes joies.

 

 

D’un versant opposé aux champs de pierres

qui parsèment nos doutes, il est une vallée indifférente

à nos sentiments qui nous guida sans préambule

au pardon de la jeunesse et nous couvrit 

d’un souffle de vent transparent et d’ivresse.

 

 

Tu me rappelles cette voix hésitante au timbre 

ouaté de souffre qui animait ton âme et lui donnait

l’allégresse d’une douce soirée d’été.

 

 

D’un espace empreint d’humanité et

regardant sans se retourner l’automne s’abattre

sur ces mots, tu vois surgir aujourd’hui cette nature

qu’était la tienne et se couvrir d’un silence

si profond que nul ici même n’aura mémoire

de ce que nous fûmes l’un pour l’autre.

 

 

Il reste l’homme silencieux,

celui qui du sommet de nos malheurs

s’est assis en attendant avec patience

que l’un de nous s’effondre sur les contreforts

de nos vies. 

 

 

Il reste celui qui du scandale naissant,

s’est accroché aux branches d’un arbre creux

sans âge et respire en silence.

Il reste celui qui s’est laissé emprisonner dans

les écorces de songes hivernaux et s’est pendu.

 

 

S’il est une partition sans cesse répétée,

je sais que du divin nous fûmes les enfants

abandonnés d’une étoile solitaire qui se pencha

sur nous et finit par se fondre dans les nuages

 

 

 

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

 

austères de l’humanité.

 

 

Ce lieu qui te tient de rupture
glisse en sourdine et s’effondre.

 

Tu sais que de l’autre côté
un cri se perd dans l’orage
et se noie sous une averse.

 

Les marécages se remplissent
toujours en silence.

 

Tu bouges, et c’est le temps 
qui s’efface et se soustrait. 

 

Un instant et une éternité.

 

Ce qui reste s’élance à la lisière
d’un désert sans nom qui
s’empare de l’oubli. 

 

Nous ne sommes jamais enfermés,
si nous restons contenus dans l’image,
nos pas,
eux,
sont toujours de ce monde.

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

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