Océans

 

Une nuit sombre 
me pousse dans mes rêves,
fait couler l’encre sur mes yeux,
caresse ton regard
croise nos jambes
et apaise les flots.
Aie souci d'être qui tu es,
pour le marin la mer obscure est une route claire.

 

JLVD.

Parfois quand s'endorment au loin les vagues,

on se met à rêver d'un radeau,

de deux syllabes sèches,

et de l'immense ardeur de l'oubli.

 

 

JLVD

 

Chaque matin désigne un lieu
où les mots se perdent
sans le moindre bruit.

Je reste alors parmi les voix,
sans bouger, le regard vide.
Le vent n’en finit pas.

Tombent ces regards qui viennent,
à peine touchés, déjà quittés.

L’esprit résiste,
d’un corps pensif.
La mémoire déploie 
un ciel imprononçable.

Une certitude
et c’est la mer qui se replie
dans un contraste d’ombres.

Le sommeil est un miracle
pour qui précise sa nuit.

Un rideau se soulève,
un radeau et quelques gouttes d’eau,
pour un corps qui se précipite en toi.

Il semble ne plus y avoir d’issue,
ranger tes mots te devient impossible.

L’horizon évoque toujours 
que derrière soi subsiste
des points d’encrages que la mer 
ne tarde jamais à recouvrir.

 

JLVD.

Mes pas se confondent à

la nuit tombée dans un vertige

et ramassent mes idées.

 

Je vide l’océan

de ses îles indistinctes

et deviens le refuge d’un vent

violent qui s’arrime à une déferlante.     

 

Précipité au loin, je ne distingue

que des vagues migrantes

se détachant de la surface

de l’eau.

 

Telle une âme affamée par ses rêves

et dont chaque mot a 

sa part contenue sur le vide

je ne cesse de m’agripper 

aux reflets brisés d’une pensée qui 

dérive et se contracte.

 

Une respiration familière

me plonge à la frontière

de l’horizon et me noie.

 

Mon destin semble cédé.

 

Dans cette brume,

pour avancer,

je sais qu’il faut se

pardonner.

 

Afin,

 

Que les choses ne parlent plus,

et que tout repose en silence. 

 

 

 

JLVD.

Tout fut débâcle et dispersion

avant que le rythme ne s'arrache l'espace.  

Le lieu pris possession de sa chair, de son souffle et sous sa peau tatoua sa mémoire.

Qu'avons-nous dû endurer afin de ressusciter !

 

JLVD.

Je resterai tel que nous l'avons imaginé,

même si le vent ne chante pas,

même si s'élancent les illusions du destin,

j'arrive à cette rive de tous les silences,

où chaque mot m'accompagne.

 

 

JLVD

 

Nul ne sait 
ce qui de la vague 
ou de son amertume
me plongea dans l’abîme

Une montagne de mer
se couvre de vers
et s’effondre sans espoir

Du lit de l’océan
un souffle conquérant
me lapide et s’en va

L’homme est un piètre monstre
qui marche sur ses mots

Comment disparaître complètement
de cette mer inféconde 
qui voyagea sans fin
sans s’atteindre 
jamais.

 

 

JLVD

Entre sans frapper dans l'histoire,

eau dormante à quoi rêves-tu ?

 

Les mots nés de la nuit 

se pourchassent et s'étreignent !

 

Ne sais-tu donc pas que les poètes

sautent au-dessus de la mort !

 

 

JLVD

Raye la ligne de partage séparant les eaux des orages,

deviens le courant qui t'entraîne.

 

Ce bleu de l'air qui se déploie c'est ton âme.

 

Sois ce dieu toujours neuf d'une planète en germe

qui te supplie de vivre !

 

 

JLVD

Poignée de mots
S'approchant au crépuscule
d'une lame fuyante, 
recouverte d'écume.


Ivresse.

 

 

JLVD

*