Océans

 

Une nuit sombre 
me pousse dans mes rêves,
fait couler l’encre sur mes yeux,
caresse ton regard
croise nos jambes
et apaise les flots.


Aie souci d'être qui tu es,
pour le marin la mer obscure est une route claire.

 

 

© Jean-Louis Van Durme

Les corps ne s’absentent jamais, 
tout au plus ils se perdent !

 

Crois-tu que tout est silence !

 

Il est de ces noyades qui tardent 
et que l’océan resserre afin d’en entendre le dernier cri.

 

Tu plonges au fond des mots
et cogne sur leur absence.

 

Divague et tu endosseras chaque perte
comme étant la première.

 

L’île n’est pas loin, elle trace une rupture
qui arpente chacun de tes gestes.

 

Tu crois que tout est silence ! 

 

L’océan n’attend rien, il est au bord de ton langage
comme une certitude, et se moque de l’oubli.

 

Tombe le jour,
ton corps se détache,
et arpente la surface des eaux.

 

Si les horizons sont infinis,
ils n’en sont pas moins intolérables.

 

Tu divagues, et c’est le jour qui se lève.

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

Parfois quand s'endorment au loin les vagues,

on se met à rêver d'un radeau,

de deux syllabes sèches,

et de l'immense ardeur de l'oubli.

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

 

Chaque matin désigne un lieu
où les mots se perdent
sans le moindre bruit.

 

Je reste alors parmi les voix,
sans bouger, le regard vide.


Le vent n’en finit pas.

 

Tombent ces regards qui viennent,
à peine touchés, déjà quittés.

 

L’esprit résiste,
d’un corps pensif.


La mémoire déploie 
un ciel imprononçable.

 

Une certitude
et c’est la mer qui se replie
dans un contraste d’ombres.

 

Le sommeil est un miracle
pour qui précise sa nuit.

 

Un rideau se soulève,
un radeau et quelques gouttes d’eau,
pour un corps qui se précipite en toi.

 

Il semble ne plus y avoir d’issue,
ranger tes mots te devient impossible.

 

L’horizon évoque toujours 
que derrière soi subsiste
des points d’encrages que la mer 
ne tarde jamais à recouvrir.

 

 

 © Jean-Louis van Durme

Un arbre de sang se dresse 
sur le chemin des précipices.

 

Accroché à ses mots et
foudroyé par un vertige irréversible,
un poète injurie l’invisible 
que les flots ont englouti sous ses yeux.

 

C’est ici qu’il laisse à jamais se noyer
la lune, les étoiles et le ciel.

 

C’est ici que les éléments lui rappellent 
qu’au terme d’un long voyage,
Ulysse s’est échoué. 

 

C’est ici qu’Argos, frappé de paralysie 
se désarticule en perspectives évanouies.

 

La fin du jour se drape alors de vagues célestes
qui ne voient ni la distance
ni l’effroi qui le contemple !

 

C’est ici qu’Oedipe arrache les bandeaux
recouvrant ses yeux !

 

Dans ce silence infernal,
et comblant progressivement le vide,
une idée vient au poète,
qui finit par comprendre les règles
inexistantes de son propre langage.

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

Mes pas se confondent à

la nuit tombée dans un vertige

et ramassent mes idées.

 

 

Je vide l’océan

de ses îles indistinctes

et deviens le refuge d’un vent

violent qui s’arrime à une déferlante.   

 

 

Précipité au loin, je ne distingue

que des vagues migrantes

se détachant de la surface

de l’eau.

 

 

Telle une âme affamée par ses rêves

et dont chaque mot a 

sa part contenue sur le vide

je ne cesse de m’agripper 

aux reflets brisés d’une pensée qui 

dérive et se contracte.

 

 

Une respiration familière

me plonge à la frontière

de l’horizon et me noie.

 

 

Mon destin semble scellé.

 

 

Dans cette brume,

pour avancer,

je sais qu’il faut se

pardonner.

 

 

Afin;

 

Que les choses ne parlent plus,

et que tout repose en silence. 

 

 

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

 

 

 

 

Un horizon disparaît

sur une mer sans fin.

 

 

Si les dieux ont jeté l’encre sur le royaume de l’éternel,

de leurs mains tremblantes ils effacent tout inlassablement.

 

 

Nul ne pourra délier l’espace

de ce désert aux contours imprécis

tant que tu resteras cette étoile,

  et que tu t’es enfui.

 

 

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

 

Tout fut débâcle et dispersion

avant que le rythme ne s'arrache à l'espace.  

 

Le lieu pris possession de sa chair, de son souffle et sous sa peau tatoua sa mémoire.

Qu'avons-nous dû endurer afin de ressusciter !

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

Je resterai tel que nous l'avons imaginé,

même si le vent ne chante pas,

même si s'élancent les illusions du destin,

j'arrive à cette rive de tous les silences,

où chaque mot m'accompagne.

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

Si tu es le gardien de ce portail
d’où surgissent sans relâche les questions les plus sévères, 
n’oublie pas que dans cette part du vide où tu t’es replié 
il est un coin de hasard que le monde tient en secret.

 

Laisse le t’envahir, 
n’aie crainte !

 

Tout ce qui scelle ne peut être éternel !

 

Chacun de tes songes reste en bordure de ton sommeil,
chacun de tes rêves s’en retourne au témoin silencieux 
de tes batailles.

 

Adoucis tes douleurs, 
quitte à les exhorter jusqu’à leur extinction.

 

Car tu sais qu’aux demeures blanches de la nuit, brûlé par ce feu s’effondrant sur le bout de tes lèvres,
tu souriras enfin !

 

Cet enfant qui n’a cessé de te surprendre,
celui qui vit depuis toujours au fond de toi
se bordera alors dans les cendres 
de tes amours perdus.

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

 

Nul ne sait 
ce qui de la vague 
ou de son amertume
me plongea dans l’abîme.

 

Une montagne de mer
se couvre de vers
et s’effondre sans espoir.

 

Du lit de l’océan
un souffle conquérant
me lapide et s’en va.

 

L’homme est un piètre monstre
qui marche sur ses mots.

 

Comment disparaître complètement
de cette mer inféconde 
qui voyagea sans fin
sans s’atteindre 
jamais.

 

 

 

 © Jean-Louis Van Durme

Du vide naît l’essence 
qu’emprunte le chemin des illusions.

 

Tout ce que tu rêves
s’échappe chaque matin
et s’évanouit sans remords
dans un battement de draps.

 

Des fragments de silence
tombent sur des parallèles infinis.

 

Il est un coeur endurci et désarmé qui
consent à nouveau à vivre les heures.

 

Si ce n’est pas le temps qui m’éloigne,
je sais que je vivrai toujours en émigré 
parcours par des vents solitaires.

 

La lune se confond dans l’innocence
de celui qui la poursuit.

 

Allongé sur les contreforts de mon âme
Il faut désormais convenir d’un lieu
afin de ne pas égarer le lieu.

 

Et si aucun rêve ne s’est jamais rêvé,
le mien ici m'a réveillé ! 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

Aucune réponse ne suffit.

 

Elles s'effondrent sur le contrefort

de notre horizon.

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

 

Si tu ne veux pas marcher,

tu entendras l'ouïe dans les deux langues,

tu verras la lumière comme une obscurité,

tu oublieras la différence et tu iras t'égarer. 

 

Obéir à toute chose est une épreuve.

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

Le phare appelle à lui la tempête

où brûlent les sacrifices.

 

Tu as bravé les vagues,

tu as nagé vers la rive opposée,

tu t'es élancé vers une terre d’asile.

 

Fais aujourd'hui mûrir les fruits en toutes saisons.

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

Raye la ligne de partage séparant les eaux des orages.

 

Deviens le courant qui t'entraîne.

 

Ce bleu de l'air qui se déploie c'est ton âme.

 

Sois ce dieu toujours neuf d'une planète en germe

qui te supplie de vivre !

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

Poignée de mots
S'approchant au crépuscule.


D'une lame fuyante, 
recouverte d'écume.


Ivresse.

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

*