Océans

Quelque soit le ciel sur moi,

Quoique gronde l'ocean,

Il me portera encore;

Si me cernait un désert;

J'en pourrais atteindre l'eau.

Chacun est seul, 

Mais d'un coeur changeant,

Regarde toujours les mêmes étoiles.

 

S.Penna

Les pas viennent mais n'entrent pas.
Sois arbres,
Que je vois ton ombre.
Sois lune,
que je vois ton ombre.
Sois poignard,
Que je vois ton ombre dans la mienne.
J'entends des pas s'approcher
Et tu deviens tous mes exils .....

M.Darwich

Tout fut débâcle et dispersion

avant que le rythme ne s'arrache l'espace.  

Le lieu pris possession de sa chair, de son souffle et sous sa peau tatoua sa mémoire.

Qu'avons-nous dû endurer afin de ressusciter !

 

JLVD

La tradition parmi les voyageurs du désert,

selon laquelle celui qui joue des coudes devant un puits

mourra noyé.

J.Crace

Apprécions sans vertige l'étendue de son innocence.................

La mer fascinera toujours ceux chez qui le dégoût de la vie et l'attrait du mystère ont devancé les premiers chagrins, comme un pressentiment de l'insuffisance de la réalité à les satisfaire.

Ceux-là qui ont besoin de repos avant d'avoir éprouvé encore aucune fatigue, la mer les consolera, les exaltera vaguement.

Elle ne porte pas comme la terre les traces des travaux des hommes et de la vie humaine.

Rien n'y demeure rien n'y passe qu'en fuyant, et des barques qui la traversent, combien le sillage est vite évanoui !

De là cette grande pureté de la mer que n'ont pas les choses terrestres.

Et cette eau vierge est bien plus délicate que la terre endurcie qu'il faut une pioche pour entamer.

Le pas d'un enfant sur l'eau y creuse un sillon profond avec un bruit clair, et les nuances unies de l'eau en sont un moment brisées; puis tout vestige s'efface , et la mer est redevenue calme comme aux premiers jours du monde.

Celui qui est las des chemins de la terre ou qui devine, avant de les avoir tentés, combien ils sont âpres et vulgaires, sera séduit par les pâles routes de la mer, plus dangereuses et plus mystérieux, jusqu'à ces grandes ombres qui flottent parfois paisiblement sur les champs nus de la mer, sans maisons et sans ombrages ,et qu'y étendent les nuages, ces hameaux célestes, ces vagues ramures.

 

M.Proust 

Immortels mortels, mortels immortels,

Ceux-là vivant la mort de ceux-ci,

Ceux-ci mourant la vie de ceux-là.

 

Héraclite.

A la fin il ne restait plus rien, 

Ni histoire, ni sujet, ni secrets,

Rien d'autre que des états de crise,

Des événements élémentaires, la part commune,

Muette et illicite,

La trace d'un très ancien désastre.

 

G.Aubry

Souvenez-vous que l'homme doit avoir deux choses s'il veut parvenir à soulever ce poids, à marcher la tête haute, à préserver l'étincelle qui habite son regard, la constance de son coeur, la musique de son sang.
Des reins solides et des larmes.

J.K.Stefansson.

Poignée de mots
S'approchant au crépuscule
D'une lame fuyante, 
Recouverte d'écume.
Ivresse.

JLVD

Le ciel est si bas qu'il n'y plus d'heure

Tout est nappé de silence

Comme si les dieux avaient décidé de retirer

les bruits du monde....

 

L.Gaudé

Tout ce qui a été dit des rois peut se dire des flots.

On est leur peuple ;

On est leur proie.

Tout ce qu'ils délirent, on le subit.

 

V.Hugo

La Dentelle du Cygne 

Parmi les os

une musique;

elle traverse le sable

elle traverse la mer.

Parmi les os

son d'une flûte

et un léger tintement.

 

G.Séféris

Respire ...............

Voilà ce qui survivra en toi .............