Eternity is lost

Je suis la terre
Et la terre c'est toi.
Ne referme pas la porte.
Ne pénètre pas dans l'oubli.
Comme mon coeur pioche,
Comme ma raison chante,
Et s'éteint sous tes yeux.

 

JLVD

Parce que les pierres se déplacent 
et parlent en silence.

 

Lorsque l’une s’éloigne, l’autre s’élance.

Deux jours au bord d’une falaise,
et cette falaise devient une autre.

 

Deux jours auprès de toi,
et ce sont les pierres qui nous regardent.

 

Je croyais qu’en lui donnant un nom
elle ne s’effacerait pas.

 

Parce que les mots restent entre eux,
et que les pierres se rassemblent toujours.

 

Tu bouges, 
et c’est une falaise tout entière qui se déplace.

 

JLVD.

 

Il fait nuit, il pleut,
sur ces lieux de la mémoire 
où naissent les rêves.

 

L’air ne cicatrise pas,
les eaux remontent à contre-courant,

 

Telle une sentence à la surface de l’eau,

 

Je m'allonge dans l’intimité d’un monde
où il n’y a pas d’espace pour le silence.

 

M’arrachant aux pulsations d’un coeur investi,
je me disperse dans le feu insaisissable
que murmurent deux rives enlacées.

 

JLVD.

Dans sa chute

le temps est immobile

et ne désempli pas.

 

Il se jette dans l'ombre de l'autre

et aspire au commencement de toute chose.

 

 

JLVD

Apprête la terre,

que je me repose.

 

Pour que je dorme un instant,

et que se réveillent les mots.

 

 

JLVD.

A présent le feu pleut, l'eau brûle.

 

Tout ce passé de poussière au grand vent sera dispersé.

 

Et nous reconnaîtrons enfin la douleur au rêves de nos cécités.

 

 

JLVD

La rumeur de tes pas alentours
se charge de lumière dans le silence
aveugle d’un lieu inatteignable. 

Je suis en marche 
vers ce rituel que seules les pierres regardent.

Tes gestes, 
et c’est encore ce lieu qui m’appelle. 

Fragments d’un corps qui se détache
et se fend. 

Un horizon rayonne en silence
et c’est mon coeur qui se fragmente. 

Ces pierres que l’on ne nomme pas,
et que mon corps retient. 

*

Nue, 
la roche s’offre 
au réveil d’un matin qui s’efface.

L’émotion perceptible
en son centre renferme les secrets
d’un rêve au funeste destin. 

Dans ce que des sentiments
rien ne retient l’attention 
des battements de son coeur.

*

Nous tournons tous autour de ces pierres  
qui ne peuvent être nouées.

 

JLVD.

Il reste aux hommes à convenir

d'un lieu

où ils abandonneront le lieu.

 

 

JLVD

*