Another Earth

 

Tu tiens là le sens.


Ne cherche pas à comprendre,
ne cherche pas à voir ni à entendre.


Ne te retourne pas !


Ce vide que tu tiens, 
laisse le t’envahir.


Lorsqu’on ouvrira tes mains
tu y trouveras l’ivresse de ton abandon. 

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

Je suis ce lieu de toute mémoire,

aux adieux qu’inondent les sables.

 

 

L’homme qui part à la rencontre de ses horizons

s’empare du vide qui serpente en son tombeau.

 

 

Ce que tu laisses ici, 

de ton absence,

nul autre que toi ne pourra en voir l’essence.

 

 

Le coeur se précipite

toujours aux origines 

et se ranime en silence.

 

 

 

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

 

Je trace sur les champs de ma mémoire

des mots qui seront fauchés au matin.

 

 

J’efface ton nom,

me retourne,

et constate que la rue où je marche porte encore ton nom.

 

 

C’est alors que ton torse glisse lentement contre le mien.

 

 

Je récite l’histoire d’un fusillé qui a survécu.

 

 

Lorsque je te raréfie au fond de ma conscience

c’est encore toi qui vient me chercher.

 

 

Tu combles tous mes vides

et me vide de toutes mes forces.

 

 

L’inexpérience libère des gestes de rupture.

 

 

Combien de fois ne t’ai-je pas appelé en secret, 

te traversant toujours de ce fil qui me relie à toi.

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

 

 

Et cet espace qui se resserre et ne disparaît pas.

 

 

Et ces réalités qui se succèdent et que rien ne retient.

 

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

Comme on caresse du regard

une eau qui ruisselle de sérénité;

 

 

Ce monde est un miroir infini.

 

 

Les souffrances viennent des transitions.

 

 

Laisse ici tout ce que tu accumules,

tout ce que tu traverses dans tes rêves

se soustraire de ta conscience, de ton langage. 

 

 

N’ai crainte de t’absenter de toi-même,

voyage en toute liberté, 

accueille la lumière,

 

                   

Tu ne seras libéré que lorsque la lumière

portera son regard sur les versants

de ta nuit,

comme on déplace sans bruits 

les illusions au-delà de soi-même.

 

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

 

 

De ses souffles consumés

versés sur mon plus vif souvenir

qui s’embrasent et s’étendent 

aux adieux de ma pensée.

 

 

 

Ce passé de l’infirme

Ce présent du néant

Ce futur et se pend.

 

 

Rappelles-toi que l’homme

accueille en sa conscience 

les plus intimes conflits,

les plus vagues contradictions.

 

 

Une branche de cèdre

libérée de ses braises

glisse inlassablement 

vers des jours verdoyants.

 

 

Nous n’emballeront pas

nos consciences indéfiniment,

comme on recouvre nos vies

sans prendre garde que tout s’oublie.

 

 

Sauverons-nous d’autres jours préservés

d’insécurité ?

 

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

 

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