Photography  and   Poetry

 

 

       Jean-Louis Van Durme

         Born in 1967

         Living in Belgium

 

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" Je ne suis pas allé à Troie, c'était mon ombre. "

                                                                        Euripide.

                                                                  

Elle est celle qui détermine,

et te colle au bas-ventre.

 

Elle inaugure une rase campagne,

un désert sans fin, un océan de larmes.

 

Elle est là, 

sournoise,

et convoque le passé.

 

Elle est la racine qui rampe sous tes yeux

et convainc ton silence.

 

D’un bleu de soie,

elle se glisse sous chacun de tes mots.

 

Elle est la lie du vin qui délie tes pas

et te fait trébucher dans l’oubli.

 

Elle est résilience autant qu’alliance,

et son nom n’aspire qu’à la souffrance.

 

A moins que tu ne décides,

un beau matin de septembre

de lui prendre la main

et de porter son visage au loin.  

 

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

 

Frappé tout d’abord en périphérie,

 

je désigne les contours d’un instant où je suis entré.

 

 

 

 

Je retire le sable sur mon visage

 

et arpente ton torse aux couleurs uniformes.

 

 

 

Tu te soulèves lentement.

 

 

 

D’une lune se cachant dans les dunes

 

et qui attend pour vivre de briser son silence.

 

 

  

Les secrets ravitaillent les montagnes

 

et se perdent sur les fleuves.

 

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

 

Mes mains tournent les pages

dans un vacarme ahurissant.

 

 

L’air est confus

et ne s’acclimate qu’en surface.

 

 

Les jours se succèdent,

les mois,

et des années incalculables.

 

 

L’air se charge,

s’absente, se couche

et étouffe.

 

 

Au-dehors des hommes s’agitent.

 

 

Tout ce qui fuit ici

court dans ces rues qui fourmillent.

 

 

Les jours se succèdent,

des mois,

et les années peut-être.

 

 

L’air ouvre ses plaies,

se tait,

absorbe et relie.

 

 

Un désert sous-vide

et transit de froid

s’évanouit brusquement.

 

 

Tout ce qui restreint

force et s’étend.

 

 

Qu’une vague l’emporte 

du regard en dormant.

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

L’eau ne résiste pas à la tempête,

tout au plus elle s’en arrange.

 

 

Dans un exercice universel,

rien de plus.

 

 

Comme un mur d’eau pris d’assaut

sur ce néant qui nous anime

et se fond en cascade 

en une eau plus limpide que le temps

déverse sur nos regards aveugles.

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

 

La musique éblouissante que retarde cette lumière

de fin d’été s’arrache avec ardeur et pose

sur l’origine de mes silences

les évidences que citent ces quelques

mots dans l’immobilité du jour.

 

 

Si tu t’es gorgé de mon âme,

à en rompre le son et l’éclat

et jusqu’à fendre les secrets

de ces roches polies par les braises

enchantées de ton absence;

 

 

Du sel déployé sur la paume de ma main,

il ne reste aujourd’hui que le souvenir 

de vertiges rompus aux vents,

et dispersés au bord du langage.

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

Là-bas comme ici,

la lumière parcourt

l’infini que concentrent tes mots.

 

 

 

Eloigne-toi un instant.

 

 

 

Là où les rivages de ton coeur épousent

avec tranquillité les sources limpides

de tes songes et s’élancent sur les eaux

ombragées que retiennent tes déserts,

il est un écho qui remonte vers la crête des dunes

et s’abat sur les contreforts de ton existence.

 

 

 

Contraint le au silence,

tu te reconnaîtras alors dans une immensité qui n’attend que toi.

 

 

 

Pour toi qui te sens porté par l’étendue de ces chants 

qu’enjambent les montagnes de syllabes en syllabes

et s’évanouissent en cercles confondus,

tu prononceras désormais tous les mots, et plus encore, 

sauf deux !

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

Ainsi dérivent nos chemins,

nos regards,

qui se cambrent et s’élancent

sur les traces de chacun de nos pas.

 

 

Comme chacune de nos pensées.

 

 

Tout se tend au-dehors, 

se succède, se soustrait

et s’assemble en secret.

 

Comme chacun de nos gestes.

 

L’exaltation consumée de nos corps

contient toute la mesure de l’équilibre 

qui veille au-dedans.

 

  

Ivresse.

 

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

 

Si des rivières de poèmes se sont déversées

de tes falaises abruptes.

 

 

Si des marées de sables les ont ensevelies,

et recouvertes en silence.

 

 

Si le vent n’a eu de cesse de les inverser,

les réinventer, et débordant,

d’une réplique au suppliant,

les réanimer.

 

 

Jusqu’à ce que de ces roches

s’extraient des syllabes franches.

 

Retires-toi aujourd’hui dans l’intimité 

des choses.

 

 

Et n’oublie pas que si ton coeur ne bouge pas,

la terre tourne dans l’univers et ne se noie pas.

 

 

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

 

 

De mon propre cadavre

décoiffé par les vents,

surgira tel un peuple

corrosif et aimant,

une marge pluvieuse

inondant un désert,

quelques rides de brume

annonçant de concert,

que c’est de sable fin

que je finirai couvert.

 

 

 

Aux eaux limpides et froides

ruisselant sur mon corps,

glisseras sous les sables

suspendus à mon sort,

lors d’un temps sans visage

qui annonce et s’enfonce,

là où de hautes vagues

s’étendent sur nos ombres,

m’arracher du sommeil

où tout semble et s’éveille.

 

 

 

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

Là où les mots se perdent

il est un horizon

qui attend à la juste 

distance des choses.

 

Pour toi 

qui croyais marcher librement

dans un consumérisme rompu 

aux vents des certitudes,

 

et qui ivre chantais

les gloires anciennes

où tu ne reconnaissais

que les tiens,

 

il est un visage couché 

dans l’ombre d’une étoile,

qui dépourvu d’éternité

attend les réconforts de l’oubli.

 

Avons-nous seulement une idée

de l’itinéraire que prend notre voyage,  

 

dans ce revers de l’histoire

où nous ne sommes que de passage.

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

 

Le temps et l’espace se retirent

et réussissent à passer l’ultime

épreuve qui fait vaciller l’instant.

 

 

Tout ce que tu cherches

plonge ses racines dans ce qui

te relie à ce monde et s’en va.

 

 

Au visage de l’homme du désert 

qui marche dans ce qui le relie

inexorablement à son histoire,

il est des sables en mouvement

qui désignent d’autres réalités.

 

 

Un ciel étoilé surplombe 

mes souvenirs et se dissout

dans des parallèles infinis.

 

 

Alors, plutôt que de retenir les mots

sous-jacents au regard immobile

qui inondent tes rêves,

il n’est rien d’autre à faire aujourd’hui

que de t’affranchir de tout horizon   

et de capter les sources de ton coeur.

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme

 

 

 

 

Laisse le vent s’échouer

sur le fil qui te relie à cette page.

 

 

À l’exception de ces mots,

demain,

ne restera qu’une distance aveugle.

 

 

Dans un courant

organisé, fluide,

et vidé par le temps.

 

 

Tu contemples l’irrespirable.

 

 

La cohésion dit vague,

les liens s’arrachent et se multiplient.

 

 

Errances sous un peuplier.

 

 

Tu retourneras au désert aussi seul que tu y es entré.

 

 

Laisse l’espace séduire les prophètes,

le temps se soustraire aux promesses,

et les mots se décharger de toute intention.

 

 

Le temps n’est qu’un fil discontinu

impossible à tendre.

Je ne le reconnais pas.

 

 

 

 

 

 

 

 

© Jean-Louis Van Durme